La Vénus de Botticelli nous dévoile ses secrets…

La Vénus de Botticelli nous dévoile ses secrets… La Naissance de Vénus , Sandro Botticelli (1485) La Vénus, déesse de l’amour… Si vous avez déjà eu l’occasion de croiser son regard, vous n’en êtes sûrement pas resté(e)s indemne! Erymanthos (fils d’Apollon) lui même en est devenu aveugle, l’ayant aperçue nue dans son bain. Symbole de l’amour, de la beauté intacte, et de la pureté, Vénus est également l’incarnation du désir, figure érotique qui fait succomber le spectateur à travers le mythe qui lui est attaché et à travers sa représentation. L’une des représentations les plus célèbres est sûrement celle de Sandro Botticelli. Elle nous dévoile une vénus envoutante, emprunte d’une subtilité intrigante. Mais quel est son secret qui continue à fasciner à travers les siècles? Pour la petite histoire… La Naissance de Vénus (1485) est un tableau de Sandro Botticelli. Il est actuellement conservé à la Galerie des Offices à Florence. C’est un membre de la riche et puissante famille des Médicis qui aurait fait commande de l’oeuvre pour une villa à la campagne. Pour ces lettrés, la naissance de la déesse symbolisait l’apparition du divin message de la beauté. Si le but de la commande était d’impressionner les invités, le tableau est aujourd’hui un réel témoignage de la maîtrise du peintre, emprunte de la tradition gothique de Ghiberti et de Fray Angelico. Il y a deux versions de la naissance de Vénus: celle qu’Homère raconte dans l’Iliade où elle serait la fille de Zeux et de Dioné et la version d’Hésiode. La version ici représentée est celle que raconte Hésiode dans sa Théogonie. Gaia, déesse de la terre, et Ouranos, dieu du ciel, ont plusieurs enfants. Mais Ouranos refuse qu’ils voient la lumière et les cache au sein de la Terre. Gaia décide de se venger et fabrique une faux qu’elle donne à Chronos, fils rebel. Un soir, Ouranos veut s’unir à Gaia. Assoiffé de vengeance, Chronos coupe les parties génitales de son père qu’il s’empresse de jeter à l’eau. De l’écume nait Vénus. Réjouissant, n’est-ce pas? Ne vous y trompez pas, derrière la splendeur, derrière la pureté délicate de la palette de Botticelli, derrière le visage innocent de sa Vénus, se cachent bien des secrets… Botticelli, génie italien de la peinture du 15ème siècle, a su donner vie à la déesse de l’amour. Il a su surpasser ses prédécesseurs, Pollaiuolo et Masaccio, par la volupté du mouvement et la tendresse subtile qui émanent de chacun des personnages, dans un ensemble harmonieux et envoutant. Le tableau, mystérieux, continue à inspirer, à intriguer. Cabanel (1863), Bouguereau (1879), et plus récemment Dali (1925) s’approprient la représentation d’une Vénus splendide et voluptueuse imaginée par Botticelli. Vénus capte directement le regard du spectateur. Elle est au centre du tableau. Les autres figures l’encadrent et l’accompagnent dans sa naissance miraculeuse. A gauche se tient un couple enlacé. Il s’agit de Zéphyr, personnification du vent de l'ouest ou du nord-ouest, et de Chloris, nymphe des îles Fortunées (aujourd'hui Canaries). Le dieu du vent souffle pour que Vénus atteigne la terre.Sur  la terre, à la droite de Vénus, une femme attend la déesse pour la revêtir d’un manteau. Il s’agit de l’une des Heures, certainement celle du printemps. Le manteau est un élément très symbolique. Il s’agit du vêtement avec lequel on recouvre l’enfant qui vient de naitre. Il symbolise aussi le passage de l’état sauvage (la nudité) au monde civilisé. Le printemps est aussi un symbole omniprésent, représentant non seulement le renouvellement, l’éveil de la nature, mais également la fertilité. De nombreux éléments du tableau associent Vénus au printemps. Zéphyr souffle le vent de l’ouest, annonciateur du Printemps, tandis que l’Heure du Printemps accueille Vénus, semblant vouloir l’embrasser. Les fleurs, le myrte et les roses plus particulièrement, font aussi partie des attributs de la déesse. Le lyrisme est à son paroxysme, et la beauté de Vénus semble emplir le tableau d’une pureté immaculée. Et pourtant… Le désir au coeur de l’intrigue… Canon de beauté de l’Italie du 15ème siècle, la Vénus de Botticelli respecte les proportions idéales. Son sexe est masqué par sa chevelure et elle cache maladroitement sa poitrine.Son attitude n’est pudique qu’en apparence. Se cache derrière cette mise en scène de la pudeur la suggestion de l’interdit. Vénus naît d’un coquillage, élément hautement symbolique et dont la représentation suggère une double lecture. Bien-sûr, non seulement, il sert de lien entre le monde marin et la divinité qui émerge de la mer, s’établissant comme un support symbolique à la naissance de Vénus. Mais également, il symbolise le sexe féminin et, par extension, la féminité et la fertilité. Botticelli introduit une dimension érotique, faisant de la pureté et de l’innocence de Vénus un objet de fantasme. Mais cet érotisme est subtil. Vénus ne regarde pas le spectateur, elle ne cherche pas à attirer ni à séduire. Sa sensualité indéniable ne lui soustrait pas son innocence. Au contraire, la pureté de la déesse devient ambiguë, fascinante et irrésistible. Son expression rappelle celle de la Vierge dans le tableau La Vierge à la grenade, symbole par excellence de la pureté dans l’oeuvre de Botticelli. A mettre dans un encadré à part: Vénus brise la glace.. Une Vénus progressiste? Et pourquoi pas? La représentation du nu, au 15ème siècle, est interdite par la religion chrétienne. La seule figure féminine représentée nue est Eve, symbolisant ainsi la faute et la honte. Le choix de représenter une Vénus nue est donc une innovation dans l’histoire de l’art. Dans l’oeuvre de Botticelli, il s’agit d’un nu presque grandeur nature puisque le tableau est de 172.5 sur 278.5 cm. Le spectateur redécouvre un corps féminin qui symbolise la beauté et l’amour, enterrant le complexe du nu féminin entretenu par la tradition chrétienne.La Vénus de Botticelli nous dévoile ses secrets… La Naissance de Vénus , Sandro Botticelli (1485) La Vénus, déesse de l’amour… Si vous avez déjà eu l’occasion de croiser son regard, vous n’en êtes sûrement pas resté(e)s indemne! Erymanthos (fils d’Apollon) lui même en est devenu aveugle, l’ayant aperçue nue dans son bain. Symbole de l’amour, de la beauté intacte, et de la pureté, Vénus est également l’incarnation du désir, figure érotique qui fait succomber le spectateur à travers le mythe qui lui est attaché et à travers sa représentation. L’une des représentations les plus célèbres est sûrement celle de Sandro Botticelli. Elle nous dévoile une vénus envoutante, emprunte d’une subtilité intrigante. Mais quel est son secret qui continue à fasciner à travers les siècles? Pour la petite histoire… La Naissance de Vénus (1485) est un tableau de Sandro Botticelli. Il est actuellement conservé à la Galerie des Offices à Florence. C’est un membre de la riche et puissante famille des Médicis qui aurait fait commande de l’oeuvre pour une villa à la campagne. Pour ces lettrés, la naissance de la déesse symbolisait l’apparition du divin message de la beauté. Si le but de la commande était d’impressionner les invités, le tableau est aujourd’hui un réel témoignage de la maîtrise du peintre, emprunte de la tradition gothique de Ghiberti et de Fray Angelico. Il y a deux versions de la naissance de Vénus: celle qu’Homère raconte dans l’Iliade où elle serait la fille de Zeux et de Dioné et la version d’Hésiode. La version ici représentée est celle que raconte Hésiode dans sa Théogonie. Gaia, déesse de la terre, et Ouranos, dieu du ciel, ont plusieurs enfants. Mais Ouranos refuse qu’ils voient la lumière et les cache au sein de la Terre. Gaia décide de se venger et fabrique une faux qu’elle donne à Chronos, fils rebel. Un soir, Ouranos veut s’unir à Gaia. Assoiffé de vengeance, Chronos coupe les parties génitales de son père qu’il s’empresse de jeter à l’eau. De l’écume nait Vénus. Réjouissant, n’est-ce pas? Ne vous y trompez pas, derrière la splendeur, derrière la pureté délicate de la palette de Botticelli, derrière le visage innocent de sa Vénus, se cachent bien des secrets… Botticelli, génie italien de la peinture du 15ème siècle, a su donner vie à la déesse de l’amour. Il a su surpasser ses prédécesseurs, Pollaiuolo et Masaccio, par la volupté du mouvement et la tendresse subtile qui émanent de chacun des personnages, dans un ensemble harmonieux et envoutant. Le tableau, mystérieux, continue à inspirer, à intriguer. Cabanel (1863), Bouguereau (1879), et plus récemment Dali (1925) s’approprient la représentation d’une Vénus splendide et voluptueuse imaginée par Botticelli. Vénus capte directement le regard du spectateur. Elle est au centre du tableau. Les autres figures l’encadrent et l’accompagnent dans sa naissance miraculeuse. A gauche se tient un couple enlacé. Il s’agit de Zéphyr, personnification du vent de l'ouest ou du nord-ouest, et de Chloris, nymphe des îles Fortunées (aujourd'hui Canaries). Le dieu du vent souffle pour que Vénus atteigne la terre.Sur  la terre, à la droite de Vénus, une femme attend la déesse pour la revêtir d’un manteau. Il s’agit de l’une des Heures, certainement celle du printemps. Le manteau est un élément très symbolique. Il s’agit du vêtement avec lequel on recouvre l’enfant qui vient de naitre. Il symbolise aussi le passage de l’état sauvage (la nudité) au monde civilisé. Le printemps est aussi un symbole omniprésent, représentant non seulement le renouvellement, l’éveil de la nature, mais également la fertilité. De nombreux éléments du tableau associent Vénus au printemps. Zéphyr souffle le vent de l’ouest, annonciateur du Printemps, tandis que l’Heure du Printemps accueille Vénus, semblant vouloir l’embrasser. Les fleurs, le myrte et les roses plus particulièrement, font aussi partie des attributs de la déesse. Le lyrisme est à son paroxysme, et la beauté de Vénus semble emplir le tableau d’une pureté immaculée. Et pourtant… Le désir au coeur de l’intrigue… Canon de beauté de l’Italie du 15ème siècle, la Vénus de Botticelli respecte les proportions idéales. Son sexe est masqué par sa chevelure et elle cache maladroitement sa poitrine.Son attitude n’est pudique qu’en apparence. Se cache derrière cette mise en scène de la pudeur la suggestion de l’interdit. Vénus naît d’un coquillage, élément hautement symbolique et dont la représentation suggère une double lecture. Bien-sûr, non seulement, il sert de lien entre le monde marin et la divinité qui émerge de la mer, s’établissant comme un support symbolique à la naissance de Vénus. Mais également, il symbolise le sexe féminin et, par extension, la féminité et la fertilité. Botticelli introduit une dimension érotique, faisant de la pureté et de l’innocence de Vénus un objet de fantasme. Mais cet érotisme est subtil. Vénus ne regarde pas le spectateur, elle ne cherche pas à attirer ni à séduire. Sa sensualité indéniable ne lui soustrait pas son innocence. Au contraire, la pureté de la déesse devient ambiguë, fascinante et irrésistible. Son expression rappelle celle de la Vierge dans le tableau La Vierge à la grenade, symbole par excellence de la pureté dans l’oeuvre de Botticelli. A mettre dans un encadré à part: Vénus brise la glace.. Une Vénus progressiste? Et pourquoi pas? La représentation du nu, au 15ème siècle, est interdite par la religion chrétienne. La seule figure féminine représentée nue est Eve, symbolisant ainsi la faute et la honte. Le choix de représenter une Vénus nue est donc une innovation dans l’histoire de l’art. Dans l’oeuvre de Botticelli, il s’agit d’un nu presque grandeur nature puisque le tableau est de 172.5 sur 278.5 cm. Le spectateur redécouvre un corps féminin qui symbolise la beauté et l’amour, enterrant le complexe du nu féminin entretenu par la tradition chrétienne.La Vénus de Botticelli nous dévoile ses secrets… La Naissance de Vénus , Sandro Botticelli (1485) La Vénus, déesse de l’amour… Si vous avez déjà eu l’occasion de croiser son regard, vous n’en êtes sûrement pas resté(e)s indemne! Erymanthos (fils d’Apollon) lui même en est devenu aveugle, l’ayant aperçue nue dans son bain. Symbole de l’amour, de la beauté intacte, et de la pureté, Vénus est également l’incarnation du désir, figure érotique qui fait succomber le spectateur à travers le mythe qui lui est attaché et à travers sa représentation. L’une des représentations les plus célèbres est sûrement celle de Sandro Botticelli. Elle nous dévoile une vénus envoutante, emprunte d’une subtilité intrigante. Mais quel est son secret qui continue à fasciner à travers les siècles? Pour la petite histoire… La Naissance de Vénus (1485) est un tableau de Sandro Botticelli. Il est actuellement conservé à la Galerie des Offices à Florence. C’est un membre de la riche et puissante famille des Médicis qui aurait fait commande de l’oeuvre pour une villa à la campagne. Pour ces lettrés, la naissance de la déesse symbolisait l’apparition du divin message de la beauté. Si le but de la commande était d’impressionner les invités, le tableau est aujourd’hui un réel témoignage de la maîtrise du peintre, emprunte de la tradition gothique de Ghiberti et de Fray Angelico. Il y a deux versions de la naissance de Vénus: celle qu’Homère raconte dans l’Iliade où elle serait la fille de Zeux et de Dioné et la version d’Hésiode. La version ici représentée est celle que raconte Hésiode dans sa Théogonie. Gaia, déesse de la terre, et Ouranos, dieu du ciel, ont plusieurs enfants. Mais Ouranos refuse qu’ils voient la lumière et les cache au sein de la Terre. Gaia décide de se venger et fabrique une faux qu’elle donne à Chronos, fils rebel. Un soir, Ouranos veut s’unir à Gaia. Assoiffé de vengeance, Chronos coupe les parties génitales de son père qu’il s’empresse de jeter à l’eau. De l’écume nait Vénus. Réjouissant, n’est-ce pas? Ne vous y trompez pas, derrière la splendeur, derrière la pureté délicate de la palette de Botticelli, derrière le visage innocent de sa Vénus, se cachent bien des secrets… Botticelli, génie italien de la peinture du 15ème siècle, a su donner vie à la déesse de l’amour. Il a su surpasser ses prédécesseurs, Pollaiuolo et Masaccio, par la volupté du mouvement et la tendresse subtile qui émanent de chacun des personnages, dans un ensemble harmonieux et envoutant. Le tableau, mystérieux, continue à inspirer, à intriguer. Cabanel (1863), Bouguereau (1879), et plus récemment Dali (1925) s’approprient la représentation d’une Vénus splendide et voluptueuse imaginée par Botticelli. Vénus capte directement le regard du spectateur. Elle est au centre du tableau. Les autres figures l’encadrent et l’accompagnent dans sa naissance miraculeuse. A gauche se tient un couple enlacé. Il s’agit de Zéphyr, personnification du vent de l'ouest ou du nord-ouest, et de Chloris, nymphe des îles Fortunées (aujourd'hui Canaries). Le dieu du vent souffle pour que Vénus atteigne la terre.Sur  la terre, à la droite de Vénus, une femme attend la déesse pour la revêtir d’un manteau. Il s’agit de l’une des Heures, certainement celle du printemps. Le manteau est un élément très symbolique. Il s’agit du vêtement avec lequel on recouvre l’enfant qui vient de naitre. Il symbolise aussi le passage de l’état sauvage (la nudité) au monde civilisé. Le printemps est aussi un symbole omniprésent, représentant non seulement le renouvellement, l’éveil de la nature, mais également la fertilité. De nombreux éléments du tableau associent Vénus au printemps. Zéphyr souffle le vent de l’ouest, annonciateur du Printemps, tandis que l’Heure du Printemps accueille Vénus, semblant vouloir l’embrasser. Les fleurs, le myrte et les roses plus particulièrement, font aussi partie des attributs de la déesse. Le lyrisme est à son paroxysme, et la beauté de Vénus semble emplir le tableau d’une pureté immaculée. Et pourtant… Le désir au coeur de l’intrigue… Canon de beauté de l’Italie du 15ème siècle, la Vénus de Botticelli respecte les proportions idéales. Son sexe est masqué par sa chevelure et elle cache maladroitement sa poitrine.Son attitude n’est pudique qu’en apparence. Se cache derrière cette mise en scène de la pudeur la suggestion de l’interdit. Vénus naît d’un coquillage, élément hautement symbolique et dont la représentation suggère une double lecture. Bien-sûr, non seulement, il sert de lien entre le monde marin et la divinité qui émerge de la mer, s’établissant comme un support symbolique à la naissance de Vénus. Mais également, il symbolise le sexe féminin et, par extension, la féminité et la fertilité. Botticelli introduit une dimension érotique, faisant de la pureté et de l’innocence de Vénus un objet de fantasme. Mais cet érotisme est subtil. Vénus ne regarde pas le spectateur, elle ne cherche pas à attirer ni à séduire. Sa sensualité indéniable ne lui soustrait pas son innocence. Au contraire, la pureté de la déesse devient ambiguë, fascinante et irrésistible. Son expression rappelle celle de la Vierge dans le tableau La Vierge à la grenade, symbole par excellence de la pureté dans l’oeuvre de Botticelli. A mettre dans un encadré à part: Vénus brise la glace.. Une Vénus progressiste? Et pourquoi pas? La représentation du nu, au 15ème siècle, est interdite par la religion chrétienne. La seule figure féminine représentée nue est Eve, symbolisant ainsi la faute et la honte. Le choix de représenter une Vénus nue est donc une innovation dans l’histoire de l’art. Dans l’oeuvre de Botticelli, il s’agit d’un nu presque grandeur nature puisque le tableau est de 172.5 sur 278.5 cm. Le spectateur redécouvre un corps féminin qui symbolise la beauté et l’amour, enterrant le complexe du nu féminin entretenu par la tradition chrétienne.


Par Anissa Ennouhi

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