Fauteuil club

Par Anissa Ennouhi

Le fauteuil club, c’est le fauteuil vintage tendance. Au fil des années, le modèle du fauteuil club devenu célèbre s’invite dans nos intérieurs vintages, rétro, aussi bien que dans nos intérieurs branchés, ultra-modernes et épurés. Pour comprendre cet engouement autour du fauteuil club, plongeon dans son histoire…

 

Une tendance de plus de 100 ans…

 

Apparu au début du 20ème siècle, le modèle du fauteuil club trouve ses origines dans la France coloniale. D’abord connu sous le nom de « fauteuil confortable », en opposition au fauteuil « de style », plus droit et plus strict, il était de tous les rendez-vous des « gentlemen’s clubs », réunion de philanthropes dans les colonies françaises et anglaises, d’où la dénomination maintenant banalisée de fauteuil club. La légende du fauteuil club, née autour de conversations mêlant gros cigares et whisky aux grands débats politiques puis s’imposant dans le style colonial emprunté des influences de l’époque art-déco comme grand incontournable, retrouve aujourd’hui un second souffle entre la table basse aux lignes épurées d’inspiration Bauhaus et le tableau psychédélique sorti tout droit des 60’s.

 

C’est l’heure !

 

L’heure du thé. Les mains tremblantes, encore gelées par le froid hivernal qui s’impose tout doucement à mesure que le mois de décembre approche, éprouvée par la journée qu’elle vient de passer, elle jette son dévolu sur un choix douillet, chaud, sucré, en attrapant furtivement dans son placard un sachet de thé Earl Grey. Et un filet de miel dans une tasse d’eau bouillante qu’elle tient par le bout des doigts, laissant s’échapper des effluves de cannelle et de vanille qui infusent et lui chatouillent déjà le bout du nez. Avant de se jeter hâtivement dans les bras de son fauteuil qui l’attend patiemment chaque soir d’hiver et de s’emmitoufler dans une grande couverture en laine torsadée. La lueur sombre qui anime l’aube au mois de novembre lui permet de clore les yeux un instant et de se laisser aller à ses rêveries.

 

Et la scène se répète inconditionnellement, soir après soir, lorsqu’elle rentre chez elle à 17h30 et qu’elle s’empresse de jeter nonchalamment son drap de laine, son béret et son foulard de soie dans l’entrée et qu’elle troque ses bottines à talons pour des pantoufles fourrées. Elle lance une playlist aux influences jazzy qui rappelle un peu les performances de Louis Armstrong ou de Scott Joplin, se débarrasse de son maquillage, du rouge à lèvre et du blush qui rafraichissent un teint grisé par le manque de sommeil et par des journées trop courtes et un rythme trop soutenu. Recroquevillée dans son fauteuil club, elle prend enfin le temps, ce temps qui lui manque tellement, qui la contraint lorsqu’elle en prend conscience, mais maintenant elle l’ignore, elle laisse place à l’inavoué, au désir, à l’indicible ou à l’inatteignable, et elle se perd dans son imaginaire.

 

Le fauteuil club, lieu de toutes ses aventures, son échappatoire et son exutoire, c’est un peu son pass pour l’oubli, son pass pour se libérer et se retrouver enfin. Du club morne, monotone, amère de son quotidien, elle se paye une entrée du côté du club des rêveurs, se livrant à des histoires folles et à des récits intarissables.

 

Mais attention, ce n’en est pas fini pour elle ! Les yeux s’ouvrent subitement, espiègles et emplis d’étoiles, ils s’écarquillent : elle a un plan. Alors elle repart de plus belle, s’empresse de prévenir ses copines, ça y est, elle a l’idée du siècle – une fois de plus. Elle enfile une petite robe noire, monte ses cheveux, attrape au vol son petit chouchou du moment, un gros manteau en fausse fourrure douillette, puis elle file en stilettos pour de nouvelles aventures.

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