Mauvais goût

Par Lucile Pasquereau

 

Je dois avouer avoir suivi l’affaire Weinstein de loin. Le rabattage médiatique, le côté drama- américain ça m’ennuie et a créé chez moi à l’opposé de la prise d’informations celle du désintérêt mêlé à une certaine lassitude.

J’ai bien sûr était écœurée des actes libres, permissifs et acquis de cet homme, cachés et/ ou perdus sous le refrain d’une puissance notariale. C’est peut-être ce refrain déjà bien connu qui me détachais de l’affaire. Donc mon approche à cette nouvelle fut prise comme une banalité dans le sens d’une non-surprise, qu’il y aura encore d’autres affaires médiatiques comme celle-ci et mon point de vue s’arrêtait là.

Puis j’ai ressenti une gêne de ne laisser qu’un côté fataliste à cette histoire’’ de plus’’.

Alors j’ai repris les articles presse sautés, les informations manquées et deux mots me sont restés : négation et dissiper. Une stratégie basique pour brouiller toutes pistes et porter à confusion. J’ai eu le déclic, vu plus loin que la’’ simple affaire de plus’’ de harcèlement sexuel aux proportions médiatiques passagères. En la banalisant j’enterrais moi-même mon droit de femme, libre d’être. J’enterrais des comportements mal placés qui laissent une culpabilité de ne pas savoir comment agir. On a au moins toutes un épisode dans le métro (malheureusement, un exemple commun). Je ne suis pas spécialement féministe, je commence doucement à m’intéresser au mouvement, le trouvant il y a quelques années agressif et parfois désuet. Mais aujourd’hui, je veux être de cet éveil collectif et me joins à la démarche sous le haschtag #MeToo.

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