Sur la table de chevet d’Anissa Ennouhi

Anissa Ennouhi, c’est la nouvelle rédactrice de l’Effrontée 6.10. Elle est belle, très belle. Et elle s’en fou ! Du haut de ses 19 ans, cette jeune politologue, à en devenir, ne rêve que d’art. Après ses longues journées, elle trouve passion dans ses livres ou ses craies. Elle dessine. Des portraits. Pour cette première interview dans laquelle elle se met à nu, elle nous laisse entrer dans sa chambre et nous pose près de sa table de chevet. Soumission de Houellebecq y règne… Et voici ce qu’elle nous en dit : « Michel Houellebecq, écrivain, poète et essayiste français, est, depuis la fin des années 90, l'un des auteurs contemporains d'expression française les plus traduits dans le monde et connait un succès fulgurant, défrayant la chronique avec une plume crue, franche, souvent dérangeante et surtout inconditionnellement intrigante. Michel Houellebecq divise, il sème le trouble et fait polémique en pointant du doigt des tabous, des questions brûlantes, qu’il met sur le devant de la scène avec un œil résolument réaliste. Dans son roman Soumission (2015), Houellebecq dresse le portrait d’une France ravagée. Cette France, c’est celle que nous connaissons actuellement, et, dans l’imaginaire de l’écrivain, c’est une France instable. Elle est décimée par une violence sourde, enfouie sous les rouages d’une société devenue le théâtre de tensions politiques croissantes, créant une brèche qui laisse se développer un extrémisme islamique croissant. En parallèle, dans une narration subtile, Houellebecq fait le récit de la carrière universitaire d’un homme désabusé. Les médias, muselés par la peur de voir éclater une guerre civile, les affrontements entre jeunes identitaires et jeunes salafistes, et l’exacerbation d’une violence qui ébranle toute la nation, mène à une remise en cause profonde du système politique lors des élections présidentielles. Soumission, roman d’anticipation, décrit un futur proche, en 2022, année à laquelle serait élu un président de la république issu d’un parti musulman. Quelles seront les répercussions sur toute une nation ? Qu’adviendra-t-il de la France que nous connaissons aujourd’hui ? Ces questions, Houellebecq y répond à travers un scénario ultra-réaliste. Un récit aussi poignant qu’alarmant »L’Effrontée n’est pas vaniteuse, elle est cultivée, quelle est la dernière chose qui t’a nourri l’esprit ?   Un film, Le Cochon de Gaza, sans hésiter. Il est à voir, absolument – et encore plus si vous voulez comprendre le sens profond du conflit israélo-palestinien. Je n’en dirai pas plus. Le titre est déroutant, certes. Mais quelle meilleure raison de se laisser surprendre ?  Ta table de chevet est plutôt rangée ou en désordre ?  Comment pourrait-elle être rangée ? À moins que l’on puisse considérer mon tas de livres, se recyclant lecture après lecture, mes craies et mes crayons - qui bien-sûr vont de pair avec mes carnets à dessin éparpillés par-ci par-là -, et les articles de journaux déchirées et minutieusement regroupés en petits amas comme un « bordel organisé ». Eh oui, quel meilleur moment pour prendre du temps pour soi, à créer, à découvrir, à explorer ? Ce qui me surprend, justement, c’est que tout ce petit monde tienne sur une table de chevet.  Quelles sont les choses qui la quittent quand tu pars en voyage ?  La seule chose qui y reste, ce doit être mon Code Civil. Tout le reste me suit partout.  Quel est ton rituel avant d’éteindre la lumière ?  Le rituel beauté, bien-sûr. Je ne vais pas parler d’une crème miracle ou d’une astuce de grand-mère farfelue, mais de gestes très simples que l’on oublie bien trop souvent. Règle n°1, se démaquiller et se laver le visage. Cette étape peut paraitre évidente. Or, souvent, elle est totalement négligée. Un bon démaquillant, une eau micellaire, un peeling très doux, une bonne hydratation, et le tour est joué ! Règle n°2, boire un grand verre d’eau. Bien trop souvent, dans la journée, on oublie de s’hydrater. Et tout l’organisme en pâtit. Résultat : une peau desséchée et fatiguée au réveil. Ensuite, règle n°3, la règle d’or du dernier repas de la journée, c’est d’éviter les glucides. Engloutir la demi-baguette de pain ne ferait qu’exciter l’organisme et peut jouer significativement sur la qualité ou le temps de sommeil. C’est surement la règle la plus difficile à respecter, et celle à laquelle je déroge le plus souvent !   Tu es plutôt lecture au lit ou lecture sur le sofa ?  Lecture au lit. Définitivement. Lire, c’est aussi une échappatoire, et c’est faire le premier pas vers l’imaginaire ; pour se retrouver soi-même et oublier les problèmes du quotidien avant d’éteindre la lumière et de plonger dans un sommeil profond.     Quel est ton pêché avant de dormir ?  Surement la gourmandise. Si personne ne m’arrête, je suis capable d’engloutir la tablette de chocolat entière avant de me coucher.   Quel écrivain lis-tu quand tu es matin chagrin ?  Je dirais que la meilleure thérapie, c’est la musique. Un classique de Zola aussi bien qu’un roman de Musso ou un article de Vogue à la main, c’est Debussy et Haendel qui sauront m’émouvoir. Quel livre est toujours près de toi ?  La goutte d’or de Michel Tournier. J’y conserve précieusement une panoplie de trèfles à quatre feuilles.  Quelle est la dernière citation que tu as eu envie d’écrire ?  « Une liberté qui ne s’emploie qu’à nier la liberté doit être niée. » Simone de Beauvoir.   Si tu devais passer une nuit à bavarder avec quelqu’un qui serait-ce ?  Un parfait inconnu, surement. Quiconque qui n’aurait aucune appréhension, aucune sympathie ou aucune animosité, ni aucun préjugé vis-à-vis de ma personne. Et réciproquement. Enfin, une conversation sans filtres. D’ailleurs, je me demande très sincèrement quelle serait l’option la plus fascinante : échanger avec une personne qui connait mon passé, qui sait anticiper mes réactions et les appréhender, ou découvrir une personne et bâtir une interaction à partir d’une page blanche.   Quelle est la dernière oeuvre qui t’a marqué ?   Birdman. Un film d’Alejandro González Iñárritu. Beaucoup d’incompréhensions, de contradictions, une véritable course à la gloire menée sur un rythme effréné, donné par le batteur Antonio Sanchez, et enfin, une chute.  Tu es plutôt avant ou après minuit ?  Après minuit. Il y a toujours une bonne raison. Souvent, la question est plutôt de trancher entre la fête et le travail.   Tu es plutôt lumière plafond, lumière tamisée, ou bougie ?  Lumière tamisée, pour les veillées nocturnes qui s’éternisent.  Tu dors avec ou sans masque de sommeil ?  Sans. À quoi bon se forcer à garder les yeux clos ? Quand l’esprit fatigue, le corps se plonge dans un sommeil lourd et imperturbable.  Quel parfum te rappelle celui du coucher ?  C’est indescriptible. Une odeur chaude, comme une odeur de fleur d’oranger, celle des draps fraichement lavés qui donne envie de s’y perdre, de s’y rouler, de s’emmitoufler et de fermer les yeux aussitôt.   Es-tu du genre à oublier tes rêves ou à les écrire au petit matin ?  Je garde uniquement les mauvais rêves en mémoire. Serait-ce une forme implicite de pessimisme ?  Cap ou pas cap de nous raconter le dernier ?  Je ne saurais m’en souvenir, l’affaire est vite réglée ! Pas cap !   À qui penses-tu avant de fermer les yeux ? À ceux qui ont su titiller ma curiosité. J’aime finir mes journées sur de grandes questions. Une dernière indiscrétion pour l’Effrontée ? Après promis on va au dodo ;) Vous n’en saurez pas plus ! Bonne nuit… ;)

Anissa Ennouhi, c’est la nouvelle rédactrice de l’Effrontée 6.10. Elle est belle, très belle. Et elle s’en fou ! Du haut de ses 19 ans, cette jeune politologue, à en devenir, ne rêve que d’art. Après ses longues journées, elle trouve passion dans ses livres ou ses craies. Elle dessine. Des portraits. Pour cette première interview dans laquelle elle se met à nu, elle nous laisse entrer dans sa chambre et nous pose près de sa table de chevet. Soumission de Houellebecq y règne… Et voici ce qu’elle nous en dit : « Michel Houellebecq, écrivain, poète et essayiste français, est, depuis la fin des années 90, l'un des auteurs contemporains d'expression française les plus traduits dans le monde et connait un succès fulgurant, défrayant la chronique avec une plume crue, franche, souvent dérangeante et surtout inconditionnellement intrigante. Michel Houellebecq divise, il sème le trouble et fait polémique en pointant du doigt des tabous, des questions brûlantes, qu’il met sur le devant de la scène avec un œil résolument réaliste. Dans son roman Soumission (2015), Houellebecq dresse le portrait d’une France ravagée. Cette France, c’est celle que nous connaissons actuellement, et, dans l’imaginaire de l’écrivain, c’est une France instable. Elle est décimée par une violence sourde, enfouie sous les rouages d’une société devenue le théâtre de tensions politiques croissantes, créant une brèche qui laisse se développer un extrémisme islamique croissant. En parallèle, dans une narration subtile, Houellebecq fait le récit de la carrière universitaire d’un homme désabusé. Les médias, muselés par la peur de voir éclater une guerre civile, les affrontements entre jeunes identitaires et jeunes salafistes, et l’exacerbation d’une violence qui ébranle toute la nation, mène à une remise en cause profonde du système politique lors des élections présidentielles. Soumission, roman d’anticipation, décrit un futur proche, en 2022, année à laquelle serait élu un président de la république issu d’un parti musulman. Quelles seront les répercussions sur toute une nation ? Qu’adviendra-t-il de la France que nous connaissons aujourd’hui ? Ces questions, Houellebecq y répond à travers un scénario ultra-réaliste. Un récit aussi poignant qu’alarmant »L’Effrontée n’est pas vaniteuse, elle est cultivée, quelle est la dernière chose qui t’a nourri l’esprit ?   Un film, Le Cochon de Gaza, sans hésiter. Il est à voir, absolument – et encore plus si vous voulez comprendre le sens profond du conflit israélo-palestinien. Je n’en dirai pas plus. Le titre est déroutant, certes. Mais quelle meilleure raison de se laisser surprendre ?  Ta table de chevet est plutôt rangée ou en désordre ?  Comment pourrait-elle être rangée ? À moins que l’on puisse considérer mon tas de livres, se recyclant lecture après lecture, mes craies et mes crayons - qui bien-sûr vont de pair avec mes carnets à dessin éparpillés par-ci par-là -, et les articles de journaux déchirées et minutieusement regroupés en petits amas comme un « bordel organisé ». Eh oui, quel meilleur moment pour prendre du temps pour soi, à créer, à découvrir, à explorer ? Ce qui me surprend, justement, c’est que tout ce petit monde tienne sur une table de chevet.  Quelles sont les choses qui la quittent quand tu pars en voyage ?  La seule chose qui y reste, ce doit être mon Code Civil. Tout le reste me suit partout.  Quel est ton rituel avant d’éteindre la lumière ?  Le rituel beauté, bien-sûr. Je ne vais pas parler d’une crème miracle ou d’une astuce de grand-mère farfelue, mais de gestes très simples que l’on oublie bien trop souvent. Règle n°1, se démaquiller et se laver le visage. Cette étape peut paraitre évidente. Or, souvent, elle est totalement négligée. Un bon démaquillant, une eau micellaire, un peeling très doux, une bonne hydratation, et le tour est joué ! Règle n°2, boire un grand verre d’eau. Bien trop souvent, dans la journée, on oublie de s’hydrater. Et tout l’organisme en pâtit. Résultat : une peau desséchée et fatiguée au réveil. Ensuite, règle n°3, la règle d’or du dernier repas de la journée, c’est d’éviter les glucides. Engloutir la demi-baguette de pain ne ferait qu’exciter l’organisme et peut jouer significativement sur la qualité ou le temps de sommeil. C’est surement la règle la plus difficile à respecter, et celle à laquelle je déroge le plus souvent !   Tu es plutôt lecture au lit ou lecture sur le sofa ?  Lecture au lit. Définitivement. Lire, c’est aussi une échappatoire, et c’est faire le premier pas vers l’imaginaire ; pour se retrouver soi-même et oublier les problèmes du quotidien avant d’éteindre la lumière et de plonger dans un sommeil profond.     Quel est ton pêché avant de dormir ?  Surement la gourmandise. Si personne ne m’arrête, je suis capable d’engloutir la tablette de chocolat entière avant de me coucher.   Quel écrivain lis-tu quand tu es matin chagrin ?  Je dirais que la meilleure thérapie, c’est la musique. Un classique de Zola aussi bien qu’un roman de Musso ou un article de Vogue à la main, c’est Debussy et Haendel qui sauront m’émouvoir. Quel livre est toujours près de toi ?  La goutte d’or de Michel Tournier. J’y conserve précieusement une panoplie de trèfles à quatre feuilles.  Quelle est la dernière citation que tu as eu envie d’écrire ?  « Une liberté qui ne s’emploie qu’à nier la liberté doit être niée. » Simone de Beauvoir.   Si tu devais passer une nuit à bavarder avec quelqu’un qui serait-ce ?  Un parfait inconnu, surement. Quiconque qui n’aurait aucune appréhension, aucune sympathie ou aucune animosité, ni aucun préjugé vis-à-vis de ma personne. Et réciproquement. Enfin, une conversation sans filtres. D’ailleurs, je me demande très sincèrement quelle serait l’option la plus fascinante : échanger avec une personne qui connait mon passé, qui sait anticiper mes réactions et les appréhender, ou découvrir une personne et bâtir une interaction à partir d’une page blanche.   Quelle est la dernière oeuvre qui t’a marqué ?   Birdman. Un film d’Alejandro González Iñárritu. Beaucoup d’incompréhensions, de contradictions, une véritable course à la gloire menée sur un rythme effréné, donné par le batteur Antonio Sanchez, et enfin, une chute.  Tu es plutôt avant ou après minuit ?  Après minuit. Il y a toujours une bonne raison. Souvent, la question est plutôt de trancher entre la fête et le travail.   Tu es plutôt lumière plafond, lumière tamisée, ou bougie ?  Lumière tamisée, pour les veillées nocturnes qui s’éternisent.  Tu dors avec ou sans masque de sommeil ?  Sans. À quoi bon se forcer à garder les yeux clos ? Quand l’esprit fatigue, le corps se plonge dans un sommeil lourd et imperturbable.  Quel parfum te rappelle celui du coucher ?  C’est indescriptible. Une odeur chaude, comme une odeur de fleur d’oranger, celle des draps fraichement lavés qui donne envie de s’y perdre, de s’y rouler, de s’emmitoufler et de fermer les yeux aussitôt.   Es-tu du genre à oublier tes rêves ou à les écrire au petit matin ?  Je garde uniquement les mauvais rêves en mémoire. Serait-ce une forme implicite de pessimisme ?  Cap ou pas cap de nous raconter le dernier ?  Je ne saurais m’en souvenir, l’affaire est vite réglée ! Pas cap !   À qui penses-tu avant de fermer les yeux ? À ceux qui ont su titiller ma curiosité. J’aime finir mes journées sur de grandes questions. Une dernière indiscrétion pour l’Effrontée ? Après promis on va au dodo ;) Vous n’en saurez pas plus ! Bonne nuit… ;)   Anissa Ennouhi, c’est la nouvelle rédactrice de l’Effrontée 6.10. Elle est belle, très belle. Et elle s’en fou ! Du haut de ses 19 ans, cette jeune politologue, à en devenir, ne rêve que d’art. Après ses longues journées, elle trouve passion dans ses livres ou ses craies. Elle dessine. Des portraits. Pour cette première interview dans laquelle elle se met à nu, elle nous laisse entrer dans sa chambre et nous pose près de sa table de chevet. Soumission de Houellebecq y règne… Et voici ce qu’elle nous en dit : « Michel Houellebecq, écrivain, poète et essayiste français, est, depuis la fin des années 90, l'un des auteurs contemporains d'expression française les plus traduits dans le monde et connait un succès fulgurant, défrayant la chronique avec une plume crue, franche, souvent dérangeante et surtout inconditionnellement intrigante. Michel Houellebecq divise, il sème le trouble et fait polémique en pointant du doigt des tabous, des questions brûlantes, qu’il met sur le devant de la scène avec un œil résolument réaliste. Dans son roman Soumission (2015), Houellebecq dresse le portrait d’une France ravagée. Cette France, c’est celle que nous connaissons actuellement, et, dans l’imaginaire de l’écrivain, c’est une France instable. Elle est décimée par une violence sourde, enfouie sous les rouages d’une société devenue le théâtre de tensions politiques croissantes, créant une brèche qui laisse se développer un extrémisme islamique croissant. En parallèle, dans une narration subtile, Houellebecq fait le récit de la carrière universitaire d’un homme désabusé. Les médias, muselés par la peur de voir éclater une guerre civile, les affrontements entre jeunes identitaires et jeunes salafistes, et l’exacerbation d’une violence qui ébranle toute la nation, mène à une remise en cause profonde du système politique lors des élections présidentielles. Soumission, roman d’anticipation, décrit un futur proche, en 2022, année à laquelle serait élu un président de la république issu d’un parti musulman. Quelles seront les répercussions sur toute une nation ? Qu’adviendra-t-il de la France que nous connaissons aujourd’hui ? Ces questions, Houellebecq y répond à travers un scénario ultra-réaliste. Un récit aussi poignant qu’alarmant »L’Effrontée n’est pas vaniteuse, elle est cultivée, quelle est la dernière chose qui t’a nourri l’esprit ?   Un film, Le Cochon de Gaza, sans hésiter. Il est à voir, absolument – et encore plus si vous voulez comprendre le sens profond du conflit israélo-palestinien. Je n’en dirai pas plus. Le titre est déroutant, certes. Mais quelle meilleure raison de se laisser surprendre ?  Ta table de chevet est plutôt rangée ou en désordre ?  Comment pourrait-elle être rangée ? À moins que l’on puisse considérer mon tas de livres, se recyclant lecture après lecture, mes craies et mes crayons - qui bien-sûr vont de pair avec mes carnets à dessin éparpillés par-ci par-là -, et les articles de journaux déchirées et minutieusement regroupés en petits amas comme un « bordel organisé ». Eh oui, quel meilleur moment pour prendre du temps pour soi, à créer, à découvrir, à explorer ? Ce qui me surprend, justement, c’est que tout ce petit monde tienne sur une table de chevet.  Quelles sont les choses qui la quittent quand tu pars en voyage ?  La seule chose qui y reste, ce doit être mon Code Civil. Tout le reste me suit partout.  Quel est ton rituel avant d’éteindre la lumière ?  Le rituel beauté, bien-sûr. Je ne vais pas parler d’une crème miracle ou d’une astuce de grand-mère farfelue, mais de gestes très simples que l’on oublie bien trop souvent. Règle n°1, se démaquiller et se laver le visage. Cette étape peut paraitre évidente. Or, souvent, elle est totalement négligée. Un bon démaquillant, une eau micellaire, un peeling très doux, une bonne hydratation, et le tour est joué ! Règle n°2, boire un grand verre d’eau. Bien trop souvent, dans la journée, on oublie de s’hydrater. Et tout l’organisme en pâtit. Résultat : une peau desséchée et fatiguée au réveil. Ensuite, règle n°3, la règle d’or du dernier repas de la journée, c’est d’éviter les glucides. Engloutir la demi-baguette de pain ne ferait qu’exciter l’organisme et peut jouer significativement sur la qualité ou le temps de sommeil. C’est surement la règle la plus difficile à respecter, et celle à laquelle je déroge le plus souvent !   Tu es plutôt lecture au lit ou lecture sur le sofa ?  Lecture au lit. Définitivement. Lire, c’est aussi une échappatoire, et c’est faire le premier pas vers l’imaginaire ; pour se retrouver soi-même et oublier les problèmes du quotidien avant d’éteindre la lumière et de plonger dans un sommeil profond.     Quel est ton pêché avant de dormir ?  Surement la gourmandise. Si personne ne m’arrête, je suis capable d’engloutir la tablette de chocolat entière avant de me coucher.   Quel écrivain lis-tu quand tu es matin chagrin ?  Je dirais que la meilleure thérapie, c’est la musique. Un classique de Zola aussi bien qu’un roman de Musso ou un article de Vogue à la main, c’est Debussy et Haendel qui sauront m’émouvoir. Quel livre est toujours près de toi ?  La goutte d’or de Michel Tournier. J’y conserve précieusement une panoplie de trèfles à quatre feuilles.  Quelle est la dernière citation que tu as eu envie d’écrire ?  « Une liberté qui ne s’emploie qu’à nier la liberté doit être niée. » Simone de Beauvoir.   Si tu devais passer une nuit à bavarder avec quelqu’un qui serait-ce ?  Un parfait inconnu, surement. Quiconque qui n’aurait aucune appréhension, aucune sympathie ou aucune animosité, ni aucun préjugé vis-à-vis de ma personne. Et réciproquement. Enfin, une conversation sans filtres. D’ailleurs, je me demande très sincèrement quelle serait l’option la plus fascinante : échanger avec une personne qui connait mon passé, qui sait anticiper mes réactions et les appréhender, ou découvrir une personne et bâtir une interaction à partir d’une page blanche.   Quelle est la dernière oeuvre qui t’a marqué ?   Birdman. Un film d’Alejandro González Iñárritu. Beaucoup d’incompréhensions, de contradictions, une véritable course à la gloire menée sur un rythme effréné, donné par le batteur Antonio Sanchez, et enfin, une chute.  Tu es plutôt avant ou après minuit ?  Après minuit. Il y a toujours une bonne raison. Souvent, la question est plutôt de trancher entre la fête et le travail.   Tu es plutôt lumière plafond, lumière tamisée, ou bougie ?  Lumière tamisée, pour les veillées nocturnes qui s’éternisent.  Tu dors avec ou sans masque de sommeil ?  Sans. À quoi bon se forcer à garder les yeux clos ? Quand l’esprit fatigue, le corps se plonge dans un sommeil lourd et imperturbable.  Quel parfum te rappelle celui du coucher ?  C’est indescriptible. Une odeur chaude, comme une odeur de fleur d’oranger, celle des draps fraichement lavés qui donne envie de s’y perdre, de s’y rouler, de s’emmitoufler et de fermer les yeux aussitôt.   Es-tu du genre à oublier tes rêves ou à les écrire au petit matin ?  Je garde uniquement les mauvais rêves en mémoire. Serait-ce une forme implicite de pessimisme ?  Cap ou pas cap de nous raconter le dernier ?  Je ne saurais m’en souvenir, l’affaire est vite réglée ! Pas cap !   À qui penses-tu avant de fermer les yeux ? À ceux qui ont su titiller ma curiosité. J’aime finir mes journées sur de grandes questions. Une dernière indiscrétion pour l’Effrontée ? Après promis on va au dodo ;) Vous n’en saurez pas plus ! Bonne nuit… ;)   Anissa Ennouhi, c’est la nouvelle rédactrice de l’Effrontée 6.10. Elle est belle, très belle. Et elle s’en fou ! Du haut de ses 19 ans, cette jeune politologue, à en devenir, ne rêve que d’art. Après ses longues journées, elle trouve passion dans ses livres ou ses craies. Elle dessine. Des portraits. Pour cette première interview dans laquelle elle se met à nu, elle nous laisse entrer dans sa chambre et nous pose près de sa table de chevet. Soumission de Houellebecq y règne… Et voici ce qu’elle nous en dit : « Michel Houellebecq, écrivain, poète et essayiste français, est, depuis la fin des années 90, l'un des auteurs contemporains d'expression française les plus traduits dans le monde et connait un succès fulgurant, défrayant la chronique avec une plume crue, franche, souvent dérangeante et surtout inconditionnellement intrigante. Michel Houellebecq divise, il sème le trouble et fait polémique en pointant du doigt des tabous, des questions brûlantes, qu’il met sur le devant de la scène avec un œil résolument réaliste. Dans son roman Soumission (2015), Houellebecq dresse le portrait d’une France ravagée. Cette France, c’est celle que nous connaissons actuellement, et, dans l’imaginaire de l’écrivain, c’est une France instable. Elle est décimée par une violence sourde, enfouie sous les rouages d’une société devenue le théâtre de tensions politiques croissantes, créant une brèche qui laisse se développer un extrémisme islamique croissant. En parallèle, dans une narration subtile, Houellebecq fait le récit de la carrière universitaire d’un homme désabusé. Les médias, muselés par la peur de voir éclater une guerre civile, les affrontements entre jeunes identitaires et jeunes salafistes, et l’exacerbation d’une violence qui ébranle toute la nation, mène à une remise en cause profonde du système politique lors des élections présidentielles. Soumission, roman d’anticipation, décrit un futur proche, en 2022, année à laquelle serait élu un président de la république issu d’un parti musulman. Quelles seront les répercussions sur toute une nation ? Qu’adviendra-t-il de la France que nous connaissons aujourd’hui ? Ces questions, Houellebecq y répond à travers un scénario ultra-réaliste. Un récit aussi poignant qu’alarmant »L’Effrontée n’est pas vaniteuse, elle est cultivée, quelle est la dernière chose qui t’a nourri l’esprit ?   Un film, Le Cochon de Gaza, sans hésiter. Il est à voir, absolument – et encore plus si vous voulez comprendre le sens profond du conflit israélo-palestinien. Je n’en dirai pas plus. Le titre est déroutant, certes. Mais quelle meilleure raison de se laisser surprendre ?  Ta table de chevet est plutôt rangée ou en désordre ?  Comment pourrait-elle être rangée ? À moins que l’on puisse considérer mon tas de livres, se recyclant lecture après lecture, mes craies et mes crayons - qui bien-sûr vont de pair avec mes carnets à dessin éparpillés par-ci par-là -, et les articles de journaux déchirées et minutieusement regroupés en petits amas comme un « bordel organisé ». Eh oui, quel meilleur moment pour prendre du temps pour soi, à créer, à découvrir, à explorer ? Ce qui me surprend, justement, c’est que tout ce petit monde tienne sur une table de chevet.  Quelles sont les choses qui la quittent quand tu pars en voyage ?  La seule chose qui y reste, ce doit être mon Code Civil. Tout le reste me suit partout.  Quel est ton rituel avant d’éteindre la lumière ?  Le rituel beauté, bien-sûr. Je ne vais pas parler d’une crème miracle ou d’une astuce de grand-mère farfelue, mais de gestes très simples que l’on oublie bien trop souvent. Règle n°1, se démaquiller et se laver le visage. Cette étape peut paraitre évidente. Or, souvent, elle est totalement négligée. Un bon démaquillant, une eau micellaire, un peeling très doux, une bonne hydratation, et le tour est joué ! Règle n°2, boire un grand verre d’eau. Bien trop souvent, dans la journée, on oublie de s’hydrater. Et tout l’organisme en pâtit. Résultat : une peau desséchée et fatiguée au réveil. Ensuite, règle n°3, la règle d’or du dernier repas de la journée, c’est d’éviter les glucides. Engloutir la demi-baguette de pain ne ferait qu’exciter l’organisme et peut jouer significativement sur la qualité ou le temps de sommeil. C’est surement la règle la plus difficile à respecter, et celle à laquelle je déroge le plus souvent !   Tu es plutôt lecture au lit ou lecture sur le sofa ?  Lecture au lit. Définitivement. Lire, c’est aussi une échappatoire, et c’est faire le premier pas vers l’imaginaire ; pour se retrouver soi-même et oublier les problèmes du quotidien avant d’éteindre la lumière et de plonger dans un sommeil profond.     Quel est ton pêché avant de dormir ?  Surement la gourmandise. Si personne ne m’arrête, je suis capable d’engloutir la tablette de chocolat entière avant de me coucher.   Quel écrivain lis-tu quand tu es matin chagrin ?  Je dirais que la meilleure thérapie, c’est la musique. Un classique de Zola aussi bien qu’un roman de Musso ou un article de Vogue à la main, c’est Debussy et Haendel qui sauront m’émouvoir. Quel livre est toujours près de toi ?  La goutte d’or de Michel Tournier. J’y conserve précieusement une panoplie de trèfles à quatre feuilles.  Quelle est la dernière citation que tu as eu envie d’écrire ?  « Une liberté qui ne s’emploie qu’à nier la liberté doit être niée. » Simone de Beauvoir.   Si tu devais passer une nuit à bavarder avec quelqu’un qui serait-ce ?  Un parfait inconnu, surement. Quiconque qui n’aurait aucune appréhension, aucune sympathie ou aucune animosité, ni aucun préjugé vis-à-vis de ma personne. Et réciproquement. Enfin, une conversation sans filtres. D’ailleurs, je me demande très sincèrement quelle serait l’option la plus fascinante : échanger avec une personne qui connait mon passé, qui sait anticiper mes réactions et les appréhender, ou découvrir une personne et bâtir une interaction à partir d’une page blanche.   Quelle est la dernière oeuvre qui t’a marqué ?   Birdman. Un film d’Alejandro González Iñárritu. Beaucoup d’incompréhensions, de contradictions, une véritable course à la gloire menée sur un rythme effréné, donné par le batteur Antonio Sanchez, et enfin, une chute.  Tu es plutôt avant ou après minuit ?  Après minuit. Il y a toujours une bonne raison. Souvent, la question est plutôt de trancher entre la fête et le travail.   Tu es plutôt lumière plafond, lumière tamisée, ou bougie ?  Lumière tamisée, pour les veillées nocturnes qui s’éternisent.  Tu dors avec ou sans masque de sommeil ?  Sans. À quoi bon se forcer à garder les yeux clos ? Quand l’esprit fatigue, le corps se plonge dans un sommeil lourd et imperturbable.  Quel parfum te rappelle celui du coucher ?  C’est indescriptible. Une odeur chaude, comme une odeur de fleur d’oranger, celle des draps fraichement lavés qui donne envie de s’y perdre, de s’y rouler, de s’emmitoufler et de fermer les yeux aussitôt.   Es-tu du genre à oublier tes rêves ou à les écrire au petit matin ?  Je garde uniquement les mauvais rêves en mémoire. Serait-ce une forme implicite de pessimisme ?  Cap ou pas cap de nous raconter le dernier ?  Je ne saurais m’en souvenir, l’affaire est vite réglée ! Pas cap !   À qui penses-tu avant de fermer les yeux ? À ceux qui ont su titiller ma curiosité. J’aime finir mes journées sur de grandes questions. Une dernière indiscrétion pour l’Effrontée ? Après promis on va au dodo ;) Vous n’en saurez pas plus ! Bonne nuit… ;)


Propos recueillis par Anaïs Mateos

1 Comment

  1. Daniel H

    Bonjour Anissa,
    Je l’ai aussi lu au moment de sa parution ce livre.
    Comme toi j’adore Houellebecq car il est à sa manière un lanceur d’alerte sur la décomposition de notre société matérielle et matérialiste. Aussi des relations compliquées entre hommes et femmes.
    Mais avec Soumission il décrit un scénario tellement réaliste que cela nous interpelle violemment sur notre inaction et notre pseudo tolérance orchestrée par la pensée unique mediatico politique.
    Comme en 1933 en Allemagne au moment de l’ascension de Hitler…
    Heureusement il existe une autre littérature qui permette de nous évader et de penser à autre chose, juste avant de s’endormir.

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