Le couple Veil et l’avant-garde féministe : plongeon dans l’intimité d’une grande femme

Par Anissa Ennouhi

Une rencontre, ou le début d’une histoire atypique…

Simone Veil, intelligente, ravissante, du haut de ses 18 ans, fait son entrée dans la vie d’Antoine. Antoine Veil, sur les mêmes bancs de l’Institut d’études politiques de Paris, est âgé, lui, de 19 ans. Le couple se rencontre en février 1946, alors que Simone revient à peine des camps de la mort. Antoine Veil, qui a alors 19 ans, écrira plus tard, en 2010, dans son livre Salut : « Ses yeux pers dans un visage éclatant réfléchissaient le vécu d’une tragédie indélébile ». Selon un portrait dans Libération, les deux étudiants tombent très vite très amoureux.

Quelques mois plus tard, le 26 octobre 1946, ils scellent cette union en se mariant. Un an après naît Jean, le 26 novembre 1947, puis Claude-Nicolas en 1948 et Pierre-François en 1954. Une histoire d’amour, certes classique, et presque idéaliste. Mais aussi, et avant tout, l’histoire d’un couple fascinant. L’émancipation de Simone Veil dans le cercle privé lui a permis de bâtir une carrière et de s’affirmer comme figure de l’émancipation féminine à une échelle nationale. Les combats qu’elle a menés n’auraient vu le jour sans la relation de confiance et de respect exemplaire qui s’est installée entre les deux époux.

De la nécessité de s’imposer, de la force de la volonté…

S’il n’a pas tout de suite approuvé le désir de sa femme d’entamer une carrière professionnelle, son mari, Antoine Veil a néanmoins par la suite été son premier soutien tout au long de sa carrière politique. Simone Veil a dû se battre pour le convaincre que sa place n’était pas à la maison. La jeune femme a mené un combat sans relâche au sein de sa vie de couple, prouvant que le destin de femme au foyer n’est pas une fatalité ; combat qu’elle continuera de mener plus tard tout au long de sa carrière professionnelle. Son mari, plus tard, avouera : « Je suis un macho qui s’est soigné, un macho guéri, j’ai complètement changé ».

 

Simone Veil et Jacques Chirac

Entre fascination et admiration…

Dans son livre Salut, Antoine écrivait de celle qu’il surnommait la « mère Veil » : « Son extrême réserve de comportement était saisissante dans l’environnement de décontraction et de la jeunesse d’alors.»  La réciprocité de cette admiration sans limites laisse deviner une certaine reconnaissance d’une femme dont la carrière s’est déroulée sous un œil bienveillant : « Il vit beaucoup plus pour moi que je ne vis pour lui ». « Le respect qu’ils ont eu l’un pour l’autre pendant soixante-sept ans de vie commune était fascinant. Plus encore que complices, ils étaient fusionnels », assurait leur fils Jean, en 2015.

 

Simone et Antoine Veil

2 Comments

  1. Julie des Pipelettes Provinciales

    Super article !!! Portait d’une femme d’exception vu par un homme amoureux !

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    1. L’Effrontée

      Merci beaucoup Julie 🙂 C’est en effet très touchant. Nous recherchons toutes un ça…

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