Confidences…

 « J’ai rencontré quelqu’un…

– …

– Vous savez ce genre de rencontre qui vous marque. Nos regards s’étaient déjà croisés plusieurs fois… Sans savoir pourquoi, à chaque fois j’étais incapable de baisser les yeux. Je finissais par le faire car il était plus insistant que moi. Il a quelque chose qui m’impressionne.

– Il vous intimide ?

– Beaucoup. Mais je crois qu’il me touche avant tout. Ce matin-là, au lever du soleil, il est apparu. Je souriais, j’avais envie qu’il me parle. J’avais envie enfin qu’il ai quelques mots pour moi. Je ne sais pas expliquer ce sentiment. C’était comme si ses mots allaient confirmer la valeur de nos regards… Il parlait aux autres, je le fixais, il me regardait, je lui ai dit le premier mot, le deuxième, puis le troisième. Des sottises dont je ne me rappelle plus. Je voulais son attention tout simplement.

– Vous vouliez le séduire ?

– Je voulais que lui me séduise…

– Pourquoi ?

– Je voulais lui plaire, parce qu’il me plaisait. Je ne drague pas.

– Il a finit par vous parler ?

– Non il a continué à me regarder et il a fait mieux que me dire les choses, il a parlé de moi.

– Pourquoi était ce mieux ?

– C’est plaisant… Vous vous retrouvez tout à coup au centre. Sans vraiment le chercher… Ou pas…

– Vous aimez être au centre ?

– Pas au centre de n’importe qui ou de n’importe quoi. Ce matin-là je voulais être son centre à lui. Et je sais que j’y suis parvenue. Vous savez c’était comme si je n’avais plus d’oreille pour ce monde autour. Comme si ces quelques rayons de soleil étaient en train de tisser une liaison… Déjà dangereuse à mon goût.  »

C’était un de ces matins qui faisait du bien, qui faisait sourire quand on y repense. Puis il y eu le premier message. Brut. Il ne fallait pas qu’elle flanche. Il ne fallait pas montrer le moindre interêt. Rester froide. Croire aux barrières. Ou du moins essayer de les appercevoir… Et puis il y eu quelques autres messages, mais elle s’obstinait à imaginer qu’elle n’était pas la seule, pour l’écarter de ses pensées. Un jour elle lui présenta Narcisse. C’était pour elle un moyen de rester inaccessible et à la fois d’en dévoiler un peu sur elle. Ça lui parla… C’était déjà beaucoup mais pas assez pour être sûre qu’il ressentait ce qu’elle avait perçu la première fois. Un dimanche elle le croisa quelques secondes et il y eut cette citation d’Honoré d’Abssynie « Lorsqu’une femme vous perturbe c’est qu’elle en vaut la peine ». Ce jour-là elle comprit que ce qu’elle ressentait n’était que partagé. Il était peut-être les prémisses d’un « je veux vivre un truc avec toi ».
Narcisse

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