Sans toi

 

« Il manque ton sourire pour éclairer cette toile immaculée. Il manque ton rire pour faire vivre ces silences que tu as laissé. Il manque ton regard pour créer mes répliques, mes poèmes, mes écrits enflammés. »

Comment composer avec cette sensation de néant. Elle rêvait d’être seule, effacée et invisible. Elle rêvait d’observer sans être vue, de marcher sans que rien ne se pose sur elle. Elle voulait se débarrasser des futilités du quotidien. Elle cherchait le silence, celui de l’esprit. Dans son asile elle voulait créer. Elle pensait que c’était par le rien que l’on recommence, que les toiles blanches sont vierges de souvenir, mais que reste-t-il des poussières du passé… Lorsqu’elle se posait devant son tas de feuilles elle n’enchaînait les mots comme avant. Elle était devenue l’amie du temps, des chiffres qui défilent, des secondes qui s’envolent vers l’infini. 

Comment créer avec cette sensation vide d’émotion. Elle avait rêvé de ne plus rien ressentir, de s’endurcir et de tout fermer. Elle avait rêvé d’éloigner ceux qui voulaient entrer dans ses plus profonds secrets. Elle devenait l’oiseau sauvage, celui qui laisse des plumes s’échapper durant ses envolées. La muse continuait de percer ses rêves, de s’enterrer dans ses pensées, mais que reste-t-il des passions qui l’inspiraient. Lorsqu’elle decidait de laisser porter sa plume, elle n’écrivait comme avant. Elle était en train d’éteindre la fleur de ses poèmes, l’encre qui assassine l’oeuvre des sentiments dans l’attente d’un avenir brûlant. 

Narcisse

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